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Voler en autogire
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Voler
en autogire?
L'autogire :Une machine très peu connue.
Avant de voler en autogire: lisez au moins cet article (1): le
plaisir de voler sera d'autant et l'inquiétude devant ce
'machin spécial' diminuera spectaculairement.....
Lorsque nous observons un autogire, il semble différent
de ce que nous avons l'habitude de voìr voler. Il ne ressemble
pas du tout à un avion et un tout petit peu à un
hélicoptère. Mais comment vole un autogire ? Est-ce
que ses caractéristiques de vol sont différentes
de celles d'un avion ? D'un hélicoptère ? Etonnamment,
la plupart des gens ignorent l'originalité de l'autogire
et décident a priori qu'il doit voler plus ou moins comme
un avion. C'est le cas de ce pilote privé, bourré
d'heures sur son propre avion et ayant décidé qu'un
autogire devait voler comme un avion. Ayant refusé un minimum
de formation, il a décollé avec un appareil qu'il
venait de construire. ll s'est évidemment crashé.
Le plus surprenant de l'histoire est que, l'appareil reconstruit
et toujours persuadé que son appareil devait voler comme
un avion, il a recommencé. Décollage et nouveau
crash ! Soyons donc clairs : un autogire ne vole pas comme un
avion. ll a ses propres caractéristiques de vol et bien
qu'il vole un peu comme un hélicoptère le plus malin
est de dire que l'autogire vole comme un autogire !
Ce n'est pas un appareil très difficile à piloter.
ll est certainement plus facile qu'un hélicoptère,
et à plusieurs égards plus facile qu'un avion. Les
personnes qui le trouvent facile à piloter sont celles
qui ont assimilé ses caractéristiques particulières.
Une fois le fonctionnement bien compris, il est relativement facile
à faire voler.
Avantages de l'autogire.
Le terme autogire définit tout appareil volant, muni d'un
rotor non entraîné par un moteur. L'autogire a été
imaginé en vue d'éliminer le décrochage.
Son inventeur, l'Espagnol Juan de la Cierva, l'a conçu
après avoir détruit pour cette raison un avion qu'il
venait de construire. Parfant de rien, dès le quatrième
prototype, le pari était complètement réussi.
Dans les années qui suivirent, ii apporfa de nombreuses
améliorations à son "Autogiro" de 1923.
Non seulement il inventa l'autogire mais on peut dire que, sans
ses découverfes, l'hélicoptère n'aurait jamais
pu voler. Dans les années 50, un ingénieur, le Dr
lgor Bensen, a introduit le moteur propulsif, ainsi que le couplage
rigide des deux pales. ll a appelé ce nouvel appareil de
conception simple et très léger : "Gyrocopter".
Tous les autogires actuels s'inspirent de cette configuration.
l. Les autogires ne décrochent pas.
Si vous essayez de voler de plus en plus lentement sur un avion,
vous arriverez fatalement au décrochage. En dessous d'une
certaine vitesse, l'aile s'arrête subitement et brutalement
de porter. L'avion va s'enfoncer, en poussant le manche, il reprendra
peut-être la vitesse permettant de revoler normalement.
Si un avion décroche près du sol, il a peu de chances
de survie. L'autogire par contre ne peut décrocher. Ses
'ailes" constituées par les pales du rotor tournent
à environ 350 tr/mn, ce qui conduit à une vitesse
en bout de pale de 450 km/h. Que vous voliez aussi lentement que
vous le vouliez, cette vitesse circulaire des "ailes"
variera peu et vous garderez le contrôle. Et plutôt
que de voir le nez de votre appareil partir dans un terrible plongeon,
l'autogire perdra de l'altitude à très faible vitesse.
Bien contrôlé, l'autogire pourra être remis
en ligne de vol normal, ou bien il pourra être posé.
2. Les autogires ne partent pas en vrille.
Sur un avion, la mise en vrille intervient quand une aile décroche
alors que l'autre continue de voler. Puisque l'autogire ne peut
décrocher, il ne peut non plus se mettre en vrille !
3. Les autogires peuvent voler lentement.
Cet avantage découle directement des remarques précédentes
sur l'absence de décrochage. ll est possible, à
une altitude suffisante, de ralentir l'autogire jusqu'à
arrêt de la translation. Cette manoeuvre se traduit par
une mise en descente verficale, le mouvement de l'air continuant
à alimenter le rotor. Le retour en vol stabilisé
horizontal se fait en rendant légèrement la main
avec une perfe d'altitude de quelques mètres. Si le vent
de face est forf, il peut même faire une marche arrière
par rapport au sol.
4. Les autogires ne sont pas sensibles aux facteurs de charge
positifs.
Les pilotes d'avion de voltige ont l'oeil rivé au "G-mètre"
qui mesure le "facteur de charge", il représente
l'augmentation des forces qui, au cours de manoeuvres, vont s'appliquer
à toute la structure. Un dépassement de cerfaines
limites de construction entraîne une détérioration
de la structure pouvant entraîner des ruptures fatales.
Ce problème n'existe pas pour l'autogire : si vous essayez
d'augmenter le facteur de charge, en virage par exemple, l'air
va s'échapper à travers le "disque rotor"
et ainsi limiter la charge positive à 3,5 g une valeur
relativement faible qui permet de concevoir des cellules plus
légères que celle des avions. Nous verrons malheureusement
plus loin que les facteurs de charge négatifs sont à
proscrire impérativement.
5. Les autogires ont une "charge ailaire par pale"
très forte.
Pour les hélicoptères ainsi que les autogires, on
définit la "charge rotorique" en divisant le
poids total en charge par la surface du disque balayé par
le rotor. Cette charge théorique est comparable, en matière
de vitesse minimum, à celles des appareils à voilure
fixe mais, en réalité, nos vaillantes petites pales
attaquent l'air à des vitesses dignes d'un avion turbopropulsé.
La charge alaire sur une pale atteint 150 kg/m2, bien supérieure
à celle d'un Bonanza ! Pratiquement, les turbulences sont
plus ou moins découpées en tranche, et cette insensibilité
aux excès d'Eole se retrouve également dans les
manoeuvres au sol. ll est ainsi possible de voler avec des météos
qui clouent dans les hangars nos chers pendulaires et la plupart
des multi-axes.
6. Les autogires peuvent voler très lentement en ajoutant
de la puissance.
Si un autogire ne décroche pas et posséde tous les
avantages qui viennent d'être cités, est-il à
l'abri de tous dangers ? La réponse est hélas "NON".
Comme tout système mécanique mettant en jeu beaucoup
d'énergie, les autogires sont dangereux. Il ne viendrait
à personne i'idée de monter dans une automobile
sans s'inquiéter de la sécurité et des dangers.
En voiture, vous managez un risque et vous ne pensez pas en général
avoir un accident. De même l'autogire, malgré son
allure bizarre, peut être managé de manière
à en réduire les risques potentiels au minimum.
Limitations de l'autogire
Cinq des plus importantes sont décrites ci.après.
1. Détériorations au sol
Pour décoller, il est nécessaire d'amener le rotor
à une certaine vitesse de rotation. Celle-ci peu être
initiée à la main ou aidée par un prélanceur,
ensuite on commence à rouler doucement en accélérant
progressivement de manière à entraîner une
rotation de plus en plus rapide du rotor. On continue jusqu'à
obtenir la valeur nécessaire au décollage. Cette
mise en rotation est difficile car les forces autorotatives sont
très faibles au début, on peut assimiler ce pénible
démarrage à celui d'une voiture en 5e. Une vitesse
de roulage trop rapide en regard des tours rotor peut entraîner
le "battement" des pales, celles.ci se mettent à
battre d'une butée à l'autre et peuvent endommager
sérieusement la tête du rotor.
Remède : Formation et pratique pour apprendre à
rouler à la bonne vitesse. Il faut aussi mettre le rotor
à l'horizontale dans les virages et près des obstacles.
C'est évident, et ce n'est pas un crime de le répéter:
la check-list de la prévol prévoira une inspection
soignée des pales et de la tête.
2. Passer au 2ème régime
Pour éviter d'entrer dans les explications habituelles
à l'aide de courbes, le 2ème régime peut
se caractériser plus simplement par une vitesse devenue
si basse qu'il est impossible de garder une altitude même
en poussant les gaz à fond. Par exemple: après un
décollage, on parcourt à quelques fractions de mètres
toute la piste à très faible vìtesse et forte
puissance moteur. Dans cette configuratìon il est probable
que l'on sera au 2 régime et qu'il sera impossible de prendre
de l'altitude en bout de piste ! Autre cas : en vol, faire un
virage dos au vent sans bien contrôler sa vitesse, cette
configuration fatale en avion peut au maximum obliger l'autogire
à un poser non voulu.
Remède : avoir suffisamment de vitesse ou de réserve
de puissance moteur. Ce que ne peut faire un avion qui décroche,
un autogire le peut : remonter comme sur un escalier en mettant
la "pêche".
3. Début de décrochage de la pale reculante.
Les autogires ne décrochent pas. lls ne le peuvent pas.
Alors ? Nous avons vu qu'en vol normal le bout des pales du rotor
a une vitesse d'environ 450 km/h. La vitesse de vol en translation
augmente la vitesse de la pale avançante et diminue celle
de la pale reculante. On a donc la possibilité d'arriver
à un décrochage progressant du milieu vers l'extrémité
de la pale reculante, et ceci, toujours d'après notre cher
Bensen, pour des vitesses supérieures à 200 km/h
! Cette éventualité n'est pas brutale comme dans
un avion, c'est juste une tendance à un roulis vers la
gauche, annoncée par des vibrations au double de la fréquence
rotor, cette tendance peut être facilement contrôlée
par le pilote.
Remède : On n'entend pas souvent parler de décrochage
de la pale reculante parmi les pilotes d'autogire. Ceux-ci considèrent
que cette possibilité n'est pas trés sérieuse.
D'aprés Bensen, cette éventualité n'est connue
que des pilotes d'essais et des ingénieurs.
4. Voler à G nul ou négatif
Cette situation très dangereuse peut être heureusement
évitée. Si vous réalisez une trajectoire
ascendante en forme de doche, vous vous retrouverez en train de
flotter dans votre siège : vous serez à zéro
G. Cette trajectoire qui peut être excitante dans un manége
de foire, ou bien utile dans l'entraînement des astronautes,
est mortelle en autogire.
Remède: Laissons de nouveau la parole au Dr lgor Bensen
"Un autogire ne doit jamais voler à zéro G
pendant plus de deux ou trois secondes, car la vitesse rotor décroît,
celui-ci n'étant plus alimenté par le courant d'air.
Des excursions courtes à G zéro ou négatif
ne sont pas dangereuses et peuvent même survenir en conditions
turbulentes sans effets critiques. Ainsi, les vols à G
zéro ou négatif doivent être craints mais
ne doivent pas être provoqués par le pilote pendant
des durées supérieures à deux ou trois secondes.
" ll est donc fortement recommandé de ne pas voler
volontairement à zéro G même pendant un court
instant. Ce n'est pas difficile à éviter. ll ne
faut pas,essayer des manoeuvres acrobatiques ou extrêmes
avec un autogire. ll ne faut pas faire la "doche !",
des mises en montée brutales, des virages violents. Faites
des manoeuvres simples, le plaisir de piloter un autogire est
suffisamment excitant par lui.même.
5. Le marsouinage (PIO: Pilote Induced Oscillation)
Cette situation dangereuse est certainement la plus connue dans
le milieu de l'autogire. L'oscillation induite par le pilote (PIO)
ou marsouinage touche surtout les débutants au cours de
leurs premiers vols. Cette situation se traduit par un mouvement
de tangage de l'appareil qui, alternativement, monte et plonge
de plus en plus brutalement. Cette oscillation non contrôlée
peut devenir destructrice : les pales touchent l'hélice
ou la dérive, ou bien le rotor passe en G négatif
et n'est plus alimenté. C'est ce problème qui a
conduit à une profusion de critiques à l'égard
des autogires. Est-ce la faute de l'autogire ? Bensen dit "Non".
C'est le pilote, en général débutant, qui
provoque le marsouinage, pas la machine. Le déclenchement
du marsouinage est dû au fait que le pilote est trop lent
sur le manche. Si la machine lève le nez, il corrige en
réduisant les gaz et en mettant le manche en avant. Mais
l'appareil se comporte comme un pendule suspendu au rotor et est
déjà prêt à revenir vers le bas. L'action
du pilote va aggraver la plongée qui suit qu'il va corriger
en augmentant les gaz et en mettant le manche en arrière.
Mais de nouveau son action a lieu au moment ou l'appareil commence
à revenir vers l'avant. Le résultat se traduit par
une montée encore plus forte. Et inexorablement les actions
du pilote augmentent ces oscillations et rendent de plus en plus
méchantes les montées et les plongées. L'expérience
montre heureusement que l'on peut contrôler le marsouinage.
Remède : Formation, encore formation, toujours formation...
ainsi qu' un bon stabilisateur horizontal...
La construction de la machine est un gage de sécurité,
trop souvent méconnu. Un stabilisateur suffisant rend les
machines bien plus sures. de La Cierva préconisait une
surface de stab horizontale selon une formule reprise avec succes
par Ronald Herron (ROTOPUP@aol.com) :
Surface du stab x longueur du bras de levier au 1/4 de la corde
du stab = volume du stab =12 à 15 % du volume du volume
du Rotor= 12 à 15 % surface portante des pales (corde x
longueur) x diametre rotor.
Pour un "Bensen" avec un rotor de 700 cm. et une corde
de 18cm., on doit avoir: 18 x 700 x 700 =8820000 cm3 = volume
rotor 15% de ceci = 1323000 cm3, si le 1/4 de la corde du stab
est a 120 cm. de l'axe du rotor,un stab d'une surface de 11025
cm2 (60 X 183 cm ou 40 X 275cm ) conviendrait vous en voyez beaucoup
des "Bensen" avec de tels stabs? Curieusement tout le
monde commence a s'y mettre, comme Averso en France. Les autogires
Magni font également preuve de cette prudence.
Même si les machines doivent être conçues plus
sécurisantes, la formation pratique reste indispensable.
La règle actuelle aux USA est d'effectuer quinze heures
de cours avant le brevet ! lls arrivent à une statistique
d'accident sur autogire égale aux deux tiers de celle de
l'aviation légère ! ll faut donc développer
de bons réflexes sur le manche, et apprendre à contrôler
le rythme rapide des réactions de l'autogire. Les caractéristiques
de construction permettent également de limiter les tendances
au marsouinage. Le trim de la tête de rotor doit être
bien réglé, 11 faut l'ajuster, sur un autogire standard,
de façon à ce que les efforts au manche soient annulés
pour une vitesse de vol d'environ 80/90 km/h. ll faut d'autre
part tenir le manche comme un petit oiseau, ne pas le tuer ni
le laisser s'envoler... L'autre élément stabilisateur
est un empennage horizontal suflisamment grand. Ceci n'est pas
bien compris par certains pilotes confirmés qui le considèrent
souvent comme inutile. Si par malheur vous entrez en marsouinage,
REDUISEZ LES GAZ. Si l'altitude le permet, reprenez progressivement
une trajectoire horizontale en remettant doucement les gaz, sinon
essayez d'atterrir le plus proprement possible..
(1) Merci à Daniel AUBIN.
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